Interview de skyrock
Skyrock : Comment tu te sens quelques
jours avant la sortie du nouvel album?
Eminem
: Je ne ressens pas vraiment de pression, la seule que je
ressens c'est celle que je m'impose pour être encore
meilleur, c'est-à-dire que lorsque je décide
de faire un album je veux qu'il soit meilleur que le dernier.
A chaque album c'est constamment un défi, c'est comme
les récompenses que j'ai reçu, je me rends compte
que j'ai beaucoup de chance mais j'essaie de me consacrer
uniquement à la musique qui me plaît, celle que
j'ai envie de faire et qui me correspond.
Sky : A propos du titre de
l'album, pourquoi avoir choisi le terme "encore"
?
Eminem : Très honnêtement le
titre de "encore" a été décidé
il y a très longtemps, c'est un titre que j'avais en
tête dès la fin du précèdent album
"The Eminem Show", en fait je voulais faire une
suite à "The Eminem Show" dès la fin
de celui-ci d'où "Encore", par contre je
ne savais pas que c'est aussi un mot français, je trouve
ça cool.
Pour revenir au contenu de cet album j'avais une idée
précise en tête de ce que je voulais et j'ai
essayé de construire le puzzle, je sais pas si tu vois
ce que je veux dire.
Sky : Peut-on parler de Dream
Team quand tu travailles avec Dr Dre et 50 cent ?
Eminem : En effet en travaillant sur l'album
de 50 Cent on a imaginé ca une sorte de Dream Team,
ce que l'on veut c'est tout de même rester très
petit, un peu comme une famille dans notre label, pour maintenir
la qualité.
Mon album est fait dans cette idée de famille, pas
beaucoup d'invités sauf les gens du label, même
si Nate Dogg n'est pas chez Shady Records, il a fait tellement
de choses avec moi depuis le début c'est comme s'il
en faisait partie. On se tient les coudes.
Sky : A propos de la famille
Shady as-tu envie de faire entrer quelqu'un d'autre ?
Eminem :Oui la nouvelle personnalité
dans la bande en plus de the Game qui est sur le label Aftermath,
c'est STAT QUO, il est actuellement sur Atlanta mais nous
sommes en train de tout faire pour qu'il nous rejoigne, il
faut juste que les gens s'assieds et écoute son débit
très rapide, il va vous donner des frissons, il fait
actuellement des Mix-Tapes, il a beaucoup de choses à
dire, on veut qu'il arrive a un niveau exceptionnel afin d'être
entendu dans le monde entier, il travaille en ce moment pour
être à un très haut niveau.
Sky : A propos du titre "Like
toy soldier", que veux-tu dire à propos des différentes
embrouilles survenu avec Ja Rule ou Benzino et du comportement
de l'industrie du disque ?
Eminem : C'est ma façon à moi
de dire que je veux fermer ses différents chapitres
de ma vie, c'est du passé c'est fini, tu sais pour
les patrons des différents labels pour eux quand il
y a des histoires eux après le boulot partent se coucher,
ils ne s'inquiètent pas ça fait juste progresser
les ventes, c'est de la pub pour eux mais pour nous, ils ne
comprennent pas comment ca peut devenir sale et mauvais, pour
moi je ne veux plus me battre contre personne, je veux aller
de l'avant , je ne veux pas profiter de ma réputation
pour perpétrer ces bagarres pour moi c'est fini.
Sky : Parles-nous du titre
"Mosh"
Eminem : C'est vrai que j'ai voulu me faire
Bush parce qu'il a envoyé nos hommes au combat et il
n'y avait pas d'explication pour cela, j'ai essayé
d'etre politique dans mon rap, je veux avec ma musique toujours
toucher une corde, faire rire pleurer ou autre, pour Bush
j'ai voulu expliquer à mes fans et l'attaquer. Pour
moi ce pays est le meilleur au monde et aujourd'hui nous avons
des troupes qui se battent et je n'ai pas d'explication, avec
ce titre je voulais aussi que les gens se mobilisent et aillent
voter puisque si on l'a encore pendant 4 ans, il va assécher
le pays.
source: skyrock
Questions-réponses
avec Nick Hasted, journaliste anglais qui a enquêté
sur le passé d’Eminem à Détroit.
En lisant le
livre, on a l’impression que vous décrivez Eminem
comme quelqu’un de perdu
Je pense qu’il était complètement perdu
avant. Très jeune il a lutté pour contrôler
ses émotions et se sortir d’une situation de
pauvreté et de désespoir, qui aurait pu le pousser
à se pendre. Et puis il a passé de mauvais moments,
en tant que Blanc qui grandit dans un quartier noir. D’ailleurs
il a failli mourir deux fois lors d’agressions racistes,
dirigées contre lui lorsqu’il était adolescent.
Le Rap était sa seule issue, il a fait preuve de détermination
et aujourd’hui c’est quelqu’un de mature
et de plus solide.
Le fait qu’il devienne père, a probablement dû
jouer également…
Je crois qu’il a acquis un vrai sens des responsabilités.
Compte tenu de son parcours familial chaotique, il était
vraiment anxieux de ne pas être un bon père pour
sa fille. Et lorsqu’il a été arrêté,
la seule chose dont il se souciait c’était :
“Comment expliquer à ma fille que je vais peut-être
aller en prison?” Aujourd’hui il s’est vraiment
calmé.
Quelle période de sa vie a été la plus
agitée?
C’est sûrement la période où Slim
Shady, son alter-ego, parlait pour lui. Dans ces moments-là,
sa personnalité changeait vraiment et il relâchait
toute la pression qu’il avait accumulée, pendant
des années. Il donnait alors l’impression de
vivre une vie de sauvage, il buvait, se droguait, se battait
et tous ses amis étaient choqués parce que jusque
là, c’était plutôt un garçon
calme.
Concernant la collaboration entre Dre et Eminem, qui a été
le plus utile pour l’autre?
Eminem s’est attiré les auditeurs noirs avec
Dre et Dre s’est attiré les auditeurs blancs
avec Eminem. La carrière de Dre n’était
pas au top lorsqu’il a rencontré Eminem, et
ce dernier avait besoin de Dre pour asseoir sa crédibilité.
Je crois que c’est un échange mutuel, ils en
sont tous les deux conscients.
Des quartiers de Détroit vous
retiendrez quoi ?
C’est une ville où la pauvreté et le
racisme sont palpables. On ne s’y fait aucune illusion
: d’un côté à l’autre de
la 8 Mile on ne retrouve pas la même couleur de peau.
Pourtant Eminem aime vraiment cette ville, contrairement
aux politiciens américains qu’il déteste
tous.
Le point faible dans tout ça
?
La relation avec sa famille est désastreuse. Son
père est parti lorsqu’il avait quatre mois,
sa mère était très dure avec lui, c’est
une blessure émotionnelle qui ne se refermera jamais.
Et même s’il est aujourd’hui 1000 fois
plus puissant que sa mère, il continue de l’attaquer
sans cesse, c’est une sorte de besoin vital pour lui.
INTERVIEW PAR
Hugo Van Offel
Source: caramail.com
Radikal : J'ai entendu des
rumeurs selon lesquelles Dre n'aimait pas trop la France.
Qu'en est-il d'Eminem ?
Eminem : Nous n'avons rien
contre la France, c'est juste que quelques fois, les gens
se sont mal comportés avec nous... mais bon, fuck it,
on est habitués, moi-même j'aime bien emmerder
les gens. De toute manière, je ne suis pas en mesure
de te dire si je me plais ou pas en France vu que tout ce
que j'ai vu de la France jusqu'à présent, c'est
l'intérieur d'une chambre d'hotel...
R. : Quelle est ta drogue
préférée ?
E : ( il réflechit
) Hmmm... L'ecstasy, le Baccardi... quelques champignons hallucinogènes
ici et là. Je fume de la weed... J'aime bien fumer
avant de me mettre à écrire. Le problème,
c'est que je ne peux pas fumer avant de faire un concert parce
qu'en général, ca me fait oublier les paroles
de mes morceaux.
R. : Il est plus facile de
se procure de la drogue en Europe ou aux EtatasUnis ?
E : C'est partout pareil,
il n'y a vraiment qu'a Amsterdam où la drogue circule
plus librement. C'est illégal partout, et le gouvernement
U.S. ne rigole pas avec ça. Mais tu peux toujours te
débrouiller pour trouver ce que tu veux.
R. : Tu peux nous parler un
peu de ton label Shady Records et de la première signature,
Dirty Dozen alias D12 ?
E : D12, c'est une crew de
gars avec qui je rappais à Detroit bien avant de signer
avec Aftermath. Nous étions les 6 meilleurs MC's de
Detroit : Bizarre ( affilié, tout comme Eminem, aux
Outsidaz ), Proof, Swifty, Kuniva, Kon Arris et moi. On s'est
dit qu'il était plus intéressant de travailler
ensemble que les uns contre les autres. On était comme
une équipe de battle. On s'était dit que même
si nous faisions patrie du même groupe, le premier membre
qui aurait l'occasion de signer en solo quelque part se devrait
de saisir cette occasion et de drainer le reste du groupe
avec lui par la suite. Et c'est ce que je suis en train de
faire. J'ai préféré qu'ils signent sur
Interscope à travers Shady Records pour qu'ils puissent
être traités en propriété. Ils
sont sur mon nouvel album, et je compte traiter l'album de
D12 comme si s'était mon 3e album.
R. : Qui va s'occuper de la
production de l'album ?
E : Moi-même. Peu de
gens le savent mais je produis pas mal de mes morceaux, que
ce soit sur mon nouvel album ou sur celui d'avant. Je travaille
avec FTB - l'un d'entre eux maîtrise plusieurs instruments
de musque. Soit nous réalisons les morceux ensemble,
soit je les dirige et ils concrétisent mes idées.
Mon DJ, DJ Head, s'occupe aussi de la production avec moi,
il a les meilleurs sons de batterie du monde et il collabore
souvent avec moi lorsque je produis un morceau - de la même
manière que Mel Man et Dre travaillent ensemble.
R. : Ton album va sortir Shady
Records ? Shady Records est un sous-label d'Aftermath, lui-même
chez Interscope, ou bien directement un sous-label d'Interscope
?
E : Mon album sort chez Aftermath,
je suis signé chez aftermath/Interscope et Shady Records
est directement chez Interscope, indépendamment d'Aftermath.
Pour l'instant, D12 est l'unique signature de Shady Records.
Je suis le directeur artistique de Shady Records, et mon manager
Paul Rosenberg m'aide dans cette tâche.
R. : Penses-tu un jour quitter
l'aile de Dr Dre, sortir tes disques sur ton propre label
et ainsi devenir toi-même un pôle décisif
sur l'échiquier du Hip-Hop tout comme Dre peut l'être
aujourd'hui ?
E : ( il réfléchit
longuement ) Je ne sais pas, je ne pourrai pas te dire, il
y'a beaucoup de trucs juridiques impliqués dans ce
genre de décision... je préfère ne pas
en parler pour l'instant.
R. : Tu t'es fait connaître
à travers tes talents de MC de battle. Tu as toujours
le temps de participer à des clashs de freestyle ?
E : Je freestyle toujours
beaucoup, mais je ne clash plus trop. Non seulement parce
que je n'ai pas trop le temps, mais aussi pas ce que ca ne
serait pas réellement équitable. Un inconnu
qui vient me voir pour me "battle" aujourd'hui me
connait par coeur à travers mon premirer album, mes
morceaux, l'image de moi à la télévision.
Il va pouvoir m'attaquer, me descendre sur pas mal de points
alors que moi, je ne pourrai rienfaire d'autre que critiquer
sa facon de s'habiller ou de parler, ne connaisant pas sa
vie privée. C'est plus facile de "battle"
quand on est devenu une personne publique. ( il réflechit.)
Qoique, en fait, je pourrai probablement vaincre n'importe
quelle personne qui me défierait, encore aujourd'hui.
R. : Et si tu avais l'occasion
de clasher Cage que se passerait-il ?
E : Je me suis proposé
de clasher Cage une fois, au show radio de Stretch et Bobbito.
C'était avant que je signe. Cage faisait courir le
bruit que j'avais pris son style, alors que je ne savais même
pas qui il était. J'ai demandé à mon
manager Paul un exemplaire du disque de Cage pour que je puisse
savoir de quoi il s'agissait. J'ai écouté le
disque et je me suis rendu compte que je ne ressamblais pas
du tout à ce gars-là, que son style ne ressemblait
aucunement au mien et qu'il était tout pourri ! Alors
on s'esr arrangé pour organiser une battle. Je suis
allé au show de Stretch et Bobbito pour clasher Cage
et il ne s'est jamais pointé. Le show a été
annulé à la dernière minute. Cage était
un des artistes de Bobbito ( NDR : son premier maxi, "Radiohed/Agent
Orange", était sorti sur le label de Bobbito,
Fondle'Em Records ), je laisse aux gens le soin de juger d'où
est venu l'ordre d'annuler le show au dernier moment. Si je
devais un jour clasher Cage, je le démolirais totalement.
Je l'ai descendu dans certains de mes morceaux auparavant
( NDR : pourtant, jamais de manière explicite ). D'ailleurs
il est idiot : s'il était intelligent, il se serait
débrouillé pour signer un bon deal avec toute
la hype que lui a procuré le fait que je parle mal
de lui. Enfin, s'il n'a pas signé à ce jour,
a mon avis cela démontre bien qu'il n'a pas les épaules
pour ça.
R. : Parle-nous un peu de
cette controverse autour du single "The Real SlimShady"
( extrait du nouvel album "The Marshall Mathers LP"/NDR
) concernant Christina Aguilera...
E : Sur ce morceau, je descends
plusieurs personnes, mais apparement c'est de cette histoire
avec Chrisina Aguilera que tout le monde parle. On pourrait
m'accuser de l'attaquer juste pour le plaisir de l'attaquer,
mais c'est faux - en général je n'attaque jamais
le premier. C'est elle qui m'a attaqué en premier sur
MTV : on lui avait demandé quels étaient ses
10 clips préférés, et en numéro
7 ou 8, elle avait choisi l'un des miens. Au départ,
j'ai trouvé ça sympathique de sa part, mais
après que le clip soit passé, elle s'est mise
à faire des commentaires sur ma vie privée du
genre : "N'est-il pas marié à cette fille
Kim ? J'ai entendu dire qu'il avait fait un morceau sur sa
fille dans lequel il disait qu'il tuait sa femme, la violence
conjugale ce n'est vraiment pas bien, et les relations abusives
blablabla." En réalité, "elle faisait
de commentaires qui n'avaient rien à voir avec ma musique,
et c'est pour ca que je l'ai descendue. Elle a répandu
à la télévision des rumeurs qu'elle avait
entendues sur moi, et comme j'avais moi-même entendu
quelques sur elle, j'en ai parlé dans mon morceau.
R. : Ton premier album s'intitulait
"The Slim Shady LP" et celui-ci s'intitule "The
Marshall Mathers LP" ( NDR : le premier est son alias,
le deuxième son véritable nom ). Est-ce pour
exprimer une certaine idée de progression ? Quelles
sont les différences entre les 2 albums ?
E : Musicalement, l'album
suit les mêmes lignes directrices que le premirer. Le
nouveau est mieux produit, Dre s'est occupé de plus
de morceaux. C'ai vrai que c'est un album plus personnel.
Je dévoile ma personnalité et mes pensées,
et toutes les épreuves que j'ai pu endurer depuis l'année
dernière. Les critiques ont beaucoup parlé de
moi sans réellement me connaître, avec cet album
je remets les pendules à l'heure, histoire de leur
montrer que je suis un type comme les autres. Les gens pensent
que j'ai changé, mais je suis toujours le même,
ce sont les gens autour de moi qui ont changé. Des
membres de ma famille inconnus au bataillon me passent soudain
des coups de fil de je ne sais où, ils sont tous si
fiers d'avoir un proche qui a réussi alors que plus
de la moitié des gens de ma famille n'ont même
pas leurs bacs
R. : Comment évolue
les histoires avec ta mère ?
E : Je ne peux pas en parler,
tout ce que je peux te dire c'est qu'elle continue d'essayer
de me traîner en justice.
R. : Quels sont les thèmes
développés sur le nouvel album ?
E : Plein de trucs différents...
Dans le morceau "Kim", un "prequel" du
morceau de mon premier album, "97 Bonnie & Clyde",
je raconte comment j'en suis venu à tuer ma compine
et à la transporter dans le coffre de ma voiture pour
la noyer. Je raconte ce qui s'est passé avant, c'est-à-dire
l'embrouille que j'ai eue avec la fille pour en arriver là.
Le morceau "Stan" ( l'un des meilleurs morceaux
d'Eminem à ce jour/NDR ) parle d'un fan qui prend tout
ce que je dis au pied de la lettre et qui pense qu'il peut
s'identifier à tous les trucs de malade que je peux
raconter. Il m'écrit plusieurs lettres auxquelles je
n'ai pas le temps de répondre et à la fin, il
se retrouve à faire quelque chose de vraiment taré
- je ne dévoilerais pas quoi, histoire de garder le
suspens du morceau. Je raconte pas mal d'histoires dans ce
style sur l'album.
R. : Tu penses qu'il est important
que les gens qui écoutent ta musique aient le recul
et la maturité nécéssaires pour ce rendre
contre qu'il ne faut pas prendre tout ce que tu dis au premier
degré ?
E : J'ai un sens de l'humour
assez sombre et sarcastique, mais quand je rappe, je ne pense
pas forcément ce que je dis de manière littérale.
Des fois j'essaye juste d'être drôle, d'autres
fois, j'essaye juste d'attirer l'attention des critiques pour
qu'ils parlent de moi...
R. : Est-ce que tu penses
que le Hip-Hop se doît d'être une musique de controverse
?
E : Le fait d'être subversif
n'est pas à mon avis essentiel pour le Hip-Hop. Par
contre, c'est essentiel pour moi. En tant que MC de battle,
j'ai toujours besoin d'attirer l'attention des gens, et c'est
la même chose quand je fais un morceau : l'important,
c'est lélément de surprise qui va faire que
les gens vont te remarquer et faire attention à ce
que tu racontes. Mes mots sont comme des armes pour retnir
l'attention des gens, il faut que je sois entendu, même
si pour cela je me dois de choquer ou d'offenser certaines
personnes.
R. : Le mot de la fin ?
E : ( En français ) Suce
mes boules !

Entrevue
Sylvia Patterson : Quand on est blanc,
comment devient-on rappeur ?
Eminem : Parce que c'est une question,
ça ?
S. : Parmis toutes les chansons que tu
connais, quelle est celle qui te définit le mieux
et pourquoi ?
E : Qu'est-ce que c'est que ces conneries
? Tu crois qu'on joue au Trivial Pursuit ou quoi ? Tiens,
la chanson qui me décrit le mieux, c'est la mienne
: I Just Don't Give A Fuck ( Approximativement : je m'en
bats les couilles ! ndlr )
S. : Qu'est ce qui t'es arrivé
de pire ?
E : A part mon herpès, ma syphilis,
mon sida... Quand j'étais gosse, j'ai été
en taule pour avoir shooté des passants avec des
flingues de paint-ball. J'y suis retourné pour le
kidnapping de six gamines de 12 ans. C'est les plus grosses
emmerdes que j'ai eu. J'ai payé pou ça. C'était
il y a longtemps... Quoique je pourrais recommencer. Et
si tu disparaissais toi ? T'es pas mal... T'aimerais savoir
si je kidnappe des innocents, hein ? Eh bien, tu vas être
fixée si t'arrêtes pas avec tes questions à
la con !
S. : Qu'est ce que tu ferais si tu pouvais
être invisible ?
E : Ah ! Mais c'est des questions de
grande école ça ! Et qu'est ce que tu ferais,
toi, si le rouge devenait bleu ?
S. : Parle-nous de la droque...
E : J'aime la came. Ca te dit un ecstasy
? Demande' ce que tu veux, n'hésite pas !
S. : Ta mère te fais un procès
en diffamation à cause de ce que tu dis sur elle
dans My Name Is.
E : J'ai juste découvert que ma
mère prenait encore plus de dope que moi.
S. : Tu es un icône pour les jeunes.
Penses-tu qu'ils peuvent te confondre avec ces boys bands
du rap que tu dénigres ?
E : Vu comment je suis sapé, ca
risque pas ! Si t'écoutes mes chansons, tu verras
bien que c'est pas de la pop. Peut-être que ce sont
ces cheveux blonds qui te font cet effet.
S. : T'inquiètes pas t'as un look
d'enfer.
E : Euh... (esquisse d'un sourire) merci.
Je veux être sur qu'on ne me confonde pas avec ces
conneries. Dès que j'allume la télé,
je vois ces débilités commerciales, cette
éspèce de pop naze. La vie, c'est pas du bonheur
à la con comme on l'entend dans ces chansons. Les
Backstreet Boys, Britney Spears, Christina Aguilera... toute
cette merde me dégoûte !
S. : Pourtant Chrisina t'aime bien.
E : Eh bien, ça ne va pas durer
! Attend un peu qu'elle ait écouté mon dernier
disque ! Et puis ces boys bands de mecs, c'est des trucs
de pédés.
S. : Pourquoi en veux-tu aux homos ?
E : Quoi ? Un mec qui suce la bite d'un
autre mec tu trouves ça normal, toi ?
S. : Revenons à Chrisina Aguilera.
Qu'est ce qu'elle t'a fait ?
E : Je l'ai matée sur MTV en train
de parler de moi avec des petites connes (il prend une petite
voix pointue) : "Il est mignon hi hi hi, est ce qu'il
est marié ?" Pourquoi ? Elle croit que je me
marierai avec elle ? "Et c'est fou cette violence dans
ces chansons. Vous avez écouté celle dans
laquelle il parle de tuer la mère d'un bébé
?" Quand j'ai écrit cette chanson, ma fille
avait été élognée de moi. Mais
ce que ces connes ne savent pas, c'est que la mère
du bébé, je l'ai épousée.
S. : Comment as-tu fait ta demande ?
E : Je lui ai dit : "Allez, on va
se marier ma cocotte !"
S. : As-tu pensé un instant qu'elle
aurait pu dire non ?
E : Ca fait dix ans que je suis avec
cette nana, c'était normal qu'on se marie. J'avais
envie de faire mieux que mon père. Je veux que ma
fille ait un père, parce que moi, je n'ai pas connu
le mien. J'avais envie d'être responsable.
S. : Qu'est-ce que le succès a
changé pour toi ?
E : Avant, je disais : "Si j'avais
un million de dollars, je payerais le monde netier pour
qu'il me suce la bite quand je suis sur le trône.
" Aujourd'hui, j'ai tellement de fric que je sais plus
quoi en faire. Ce qui est cool, c'est que je peux acheter
à ma fille tout ce qu'elle veux. Et puis, elle pourra
faire ce que je n'ai pas pu faire, comme aller au collège.
Le seul truc qui m'emmerde, c'est les interviews et les
photos, ça me gave.
S. : Tu te fais appeller Marshall, Eminem
ou Slim Shady. Mais qui sont ces personnages au juste ?
E : Marshall est un mec carré
et honnête. Eminem est un type sympa et Slim, un enculé.
S. : Lequel admires-tu le plus ?
E : Slim Shady.
S. : Et qui est le loser ?
E : Marshall.

Fan De
Fan 1 : Moi, je voudrais lui demander
quel plaisir il prend à pourrir le système
américain dans ses chansons ?
Eminem : What's her name ? Aur Aur Aurélie,
Aurélie, je trouve que le monde est délirant,
tout ce dont je parle dans mes chansons ça arrive
dans le monde, y'a pas une seule chose que je dis qui n'existe
pas même si ça peut paraître ridicule.
Donc je trouve ça amusant, j'y prends un vrai plaisir
et j'en suis fier. Car l'idée reçue d'une
société bien réglée, tout ce
que l'on nous oblige à faire ou à ne pas faire,
quelque soit ce qu'on s'acharne à nous imposer, moi
je fais tout le contraire...
Fan 2 : Euh, moi, j'aimerais bien lui
demander qu'est-ce qu'il aimerait qu'on lui pose dans les
interviews.
E : Personne ne m'a jamais demandé
pourquoi j'étais si cool, j'aimerais que quelqu'un
me le demande car je lui dirais... Parce que je suis un
sacré gangster !
Fan 3 : Moi, j'aimerais savoir quand
est ce que l'idée de Slim Shady lui a traversé
l'esprit ?
E : A l'époque, j'étais
Slim qui veut dire maigre et Shady renfermé, alors
c'est venu quand je rappais au sein de mon groupe D-12,
Slim Shady c'était mon surnom.
Voix Off : Après My Name Is ou
encore The Real Slim Shady, le dernier single d'Eminem Stan
fait à son tour un carton, pourtant le morceau ne
ressemble en rien à ses précédents,
le style est nouveau, la trame émouvante, rythmée
à chaque refrain par la voix féminine de Dido.
Enfin le Slim Shady provocateur laisse place à un
Eminem plein de bons sentiments envers un fan quelque peu
trop fanatique. Qu'est-ce qui a donc motivé l'artiste
pour écrire une telle chanson ?
E : J'ai reçu une cassette démo
sur laquelle il y avait un titre de la chanteuse Dido, quand
je l'ai entendu chanter "mon thé est froid"
ou encore "je me demande pourquoi je me suis levée
ce matin", ça parlait de photos sur le mur et
à l'époque, je recevais beaucoup de lettres
de fans délirantes. Donc ça m'a donné
envie d'en parler.
Voix Off : La chanson raconte l'histoire
de Stan, qui voue à Eminem une passion si obsessionnelle
qu'elle tourne à la folie. Après plusieurs
lettres envoyées à son idôle sans réponse,
Stan met fin à ses jours et à ceux de sa famille.
La lettre tant attendue de l'artiste arrive trop tard...
Stan a boulversé le coeur des fans. Eminem, lui,
a atteint son but.
E : Le message que j'ai voulu faire passer
dans ma chanson, c'est de ne pas prendre ma musique si au
sérieux car voilà ce qui pourrait arriver
si c'était le cas. Comme Dr Dre vous le dirait, c'est
juste de la musique, du divertissement. Même si ça
parle de nos vies, de ce qu'on ressent. Parfois on exprime
ce que l'on ressent, parfois on dit juste des choses drôles.
Tout ça on le fait pour se détendre, parce
que c'est cool à écouter... Mais c'est tout
ce que c'est.
Voix Off : Etre responsable de ses actes,
affirmer son identité propre, voilà tout ce
que l'artiste revendique... Stan lui est tout le contraire.
E : Il essaie de se faire passer pour
quelqu'un de normal. Il veut pas me faire peur donc il se
sert de son petit frère comme faire-valoir, alors
que c'est lui mon plus grand fan. Mais son frère,
c'est à Stan qu'il s'identifie. C'est pour ça
qu'a la fin du clip, il se teint les cheveux en blond...
C'est un peu comme un film.
Voix Off : Et si le clip a vraiment l'allure
d'un scénario, ce n'est pas par hasard...
E : Si je raconte une histoire, c'est
pour que tout le monde comprenne immédiatement de
quoi je parle. J'ai pas envie que mon public se torture
l'esprit à essayer de s'imaginer ce que je veux dire.
J'aimerais que mes paroles touchent tout le monde à
la première écoute.
Voix Off : Eminem a ainsi touché
des millions de fans, il a beau vouer à la société
une haine singulière dans la plupart de ses chansons,
cette animosité a reçu en retour un véritable
écho. Stan lui s'identifie à Eminem au point
d'en tomber amoureux... Nous avons demandé à
l'artiste pourquoi, à son avis, on l'aimait tant.
E : Est-ce que je comprends pourquoi
les fans m'aiment ? C'est une question plutôt difficile.
Je crois que j'investis beaucoup de ma vie personnelle dans
ma musique, plus peut-être que n'importe quel autre
artiste. Je dis peut-être des choses qui interpellent
certains jeunes pour avoir vécu le même genre
d'histoires, c'est sans doute pour ça qu'ils se sentent
proches de moi.
Voix Off : Eminem lui aussi aime ses
fans, il le prouve et le répète pendant ses
concerts, mais pour lui le fan idéal est loin de
ressembler à Stan...
E : Mon fan idéal ? Oh c'est quelqu'un
qui paye 100 balles pour acheter mon album et 200 et quelques
pour venir me voir en concert et s'éclater... Ca
c'est mon fan idéal.
Voix Off : Bien conscient de son influence
grandissante sur ses fans, Eminem tient pourtant à
rétablir l'image qu'il veut se donner auprès
d'eux.
E : Je veux être sûr d'avoir
une influence positive sur les jeunes. Si vous me prenez
pour un exemple à suivre, alors voyez en moi quelqu'un
qui est parti de rien pour avoir tout au final. Ne voyez
pas celui qui boit ou qui prend de la drogue, peu importe
ce que je dis dans mes chansons. Ne prenez pas tout au pied
de la lettre, si tu veux t'identifier à moi, fais
le pour les bonnes raisons...
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